RDC

Deuxième pays le plus vaste et quatrième pays le plus peuplé d’Afrique — et première nation francophone —, la République démocratique du Congo, qui se nomma Zaïre entre 1971 et 1997 et qu’on appelle aujourd’hui RDC, Congo-Kinshasa ou RD Congo, déroule depuis son indépendance en 1960, et bien longtemps après que le roi des Belges Léopold II s’en est approprié le territoire, une histoire sombre et convulsive : assassinat de Patrice Lumumba, prise du pouvoir sanglante de Mobutu Sese Seko, dictature corrompue, inepte et interminable de « Papa Maréchal », état de guerre quasi permanent entre 1996
et 2005 (plus de 5 millions de morts), guérillas, rébellions et banditismes divers depuis lors, essentiellement au nord et au nord-est. Le tout sur fond d’immense pauvreté générale et d’accaparement, le plus souvent illégal, de terres et de ressources tout aussi immenses : en 2018, la RDC a été classée 176e pays sur 200 par l’indice de développement humain du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).

Mais depuis l’élection en décembre 2018 de Félix Tshisekedi à la présidence, première alternance démocratique de l’histoire de la république, un espoir se fait jour, à Kinshasa comme dans le reste du monde : celui d’une stabilité politique et sécuritaire réelle, d’une préservation et d’un contrôle efficaces des ressources naturelles et minières, d’une reconstruction équitable de l’économie, des infrastructures et du système de santé. Les tâches, à peine amorcées, sont aux dimensions du pays et du fleuve : alors que le Congo détient plus de 50 % des réserves d’eau africaines, seulement 30 % de sa population a un accès direct à l’eau potable et 8 % à l’électricité ; sur ses 58 000 km de route, 3 126 seulement étaient bitumés en 2018 ; la malnutrition et les maladies endémiques comme paludisme, sida ou Ebola (qui vient de faire 2 000 victimes) y sont plus meurtrières que les violences, tout aussi endémiques, qui frappent les villageois dans les champs, les gardes dans les réserves naturelles, et les femmes en tous lieux.

Une autre tâche s’impose, non moins capitale : libérer et améliorer l’information. Alors que la RDC compte au moins 450 radios (le principal média), autant de publications (au tirage très faible) et 135 chaînes de télévision (la plupart de divertissement), moins de 5 % des 95 millions de Congolais ont accès à Internet et le Congo n’occupe que le 150e rang dans le Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Mais à Kinshasa comme dans les autres grandes villes, des journalistes, des écrivains, des correspondants locaux, des photoreporters et des vidéoreporters font leur travail du mieux possible, dans des conditions d’indépendance et de sécurité terriblement précaires.

La pandémie de Covid-19, qui a fermé les frontières, immobilisé les populations et porté un coup terrible à une économie massivement parallèle, donne donc à la Fondation Carmignac l’occasion de partager ces voix et ces images, venues d’un magnifique pays comblé de malheurs mais aussi de richesses et d’espoirs, et dont les deux tiers des habitants ont moins de 20 ans.

Carte de la République démocratique du Congo