Environnement

Le parc national des Virunga, fleuron du patrimoine mondial de l’Unesco, s’étale sur les pentes boisées des volcans d’Afrique centrale. Plus ancien parc national du continent et plus vaste réserve de forêt tropicale humide au monde, il couvre 7 800 km2 et abrite plus de la moitié des gorilles de montagne existants. Régulièrement et durement affecté par la violence, il s’appuie toujours sur le tourisme pour financer sa mission de conservation. Sa fermeture aux visiteurs en mars, après que des experts ont averti d’une possible vulnérabilité des gorilles au Covid-19, a eu un impact terrible sur ces efforts. La déforestation est l’une des principales menaces pesant sur les Virunga, qui jouent un rôle important dans la compensation des émissions de carbone : selon le WWF, les forêts du parc et de la province dans son ensemble se classent juste derrière l’Amazone en termes de superficie. Mais la quasi-totalité des populations environnantes font la cuisine au charbon de bois, qu’elles produisent en abattant les arbres du parc. La pratique est illégale, pourtant l’industrie congolaise du charbon de bois affiche un chiffre d’affaires annuel estimé à 35 millions de dollars, dont une partie finance les insurgés meurtriers cachés dans les forêts des Virunga, selon l’association états-unienne Enough Project.